Aux portes des Enfers,
Elle a le teint pâle de ces statues de sel
Qu'on ne trouvent qu'aux portes des Enfers
Leurs pieds récoltants les gerbes d'étincelles
Qui sont offrandes brûlantes de flammes solitaires.
Ces flammèches lumineuses font scintiller
Sa peau cristalline, allumant son regard :
Deux parfaits disques d'agates inégalées,
Insondable, insoutenable oeil du Tartare !
Mais seules tes lèvres me reconnaissent
Ici-bas, lorsque j'embrasse ton silence
- C'est l'Ame Immortelle, ma Déesse
L'une et l'Autre, l'Unique Délivrance !
Dévisage moi tandis que je brûle
Sous le commandement de l'Infernal Plaisir
Fais de mes noirs fragments des funambules
Acrobates fous sur les cordes de ta lyre.
Immatérielle, enlacée à même tes doigts
Je posséderai tes cristaux de chairs
Afin de jouer à jamais pour toi, en toi,
L'air endiablé de notre amour millénaire.
Je peux mourir et ressusciter à ta guise
Démentielle Créature que je vénère,
Car il n'y a nulle barrière que je ne brise
Pas même les portes des Enfers !
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Les romantiques furent les derniers spécialistes du suicide. Depuis, on le bâcle... [Emil Michel Cioran]