Tu renaîtras sans cesse dans mon immensité
Libre
Nue
Tantôt plus blanche que l’Ossuaire
Tantôt plus noire que Guernica
Je porterai ta traîne jusqu’aux extrêmes
Alpes, Sierras et Cordillères
Puis tout autour des cimes en pierre
Tu danseras l’Aurore
Nos corps d’hier ne seront plus
qu’une lointaine connaissance
Chanson confuse, parfum diffus
De la poussière au fond du coffre
Tu passeras par là
tout doucement
Tu entreras
dans mes chairs bleues
comme un songe d’été
un baiser de flanelle
Si le jour suivant
Tu ne veux que pleurer
J’aimerais encore
tes pupilles hydrophiles
& tes sombres dentelles
Ma belle évanescence
Âme du Lactescent
Neige brume erre
Fais comme il te plaira
puisque tu tiens notre infini
tout au creux de tes eaux
Viens donc brouiller mon ciel
Enfume moi! Volute moi!
Berce mes veines dans tes longs bras de gaze
Il faudra remonter rivières, montres anciennes
suivre les escadrons de plumes
escorter l’ange de la pluie
Ainsi deviendras-tu
l’eau rage qui enserre l’eau mer
et déchire mon éther
de ses sabres brisés
A nos légers couchants
J’ôterai les dessous rose
ferai glisser le drap d’ébène
sur tes formes pleines érotiques
Nous danserons la Nuit
sans plus jamais dormir