Je tue le temps,
Trotteuse n’a pas la belle humeur
Elle trotte et tic et tac et tonne
Tourne en rond de minutes en heures
Et voici que son ventre résonne !
Elle a faim ! Cette vorace de souvenirs,
Prête à avaler sans rien déguster
Ces moments les plus fins, ton indicible rire,
En met de choix pour monstre affamé.
Puis elle boit à nos amphores lacrymales
Essuyant négligemment les grains de saveur
Qui tombe de douleur en d’humides râles
Dans nos mortes fontaines d’eau de cœur.
Je suis assassin au Royaume de Chronos !
Inlassablement j'occis secondes et minutes.
En ton nom mon Adorée, voici que j’endosse
L’armure du héro qui provoquera sa chute !
Entre deux combats, je prends le temps
- Le sang d’une heure que j’ai mutilée
Son aiguille tordue chauffée à blanc –
Pour t’écrire et ainsi tracer ma fidélité.
Ce Dieu d’or loge en d’étranges quartiers
Prêt de la geôle où il te tient prisonnière.
Dussais-je n’arriver que malade et ridée,
Mon amour prouvera la force de son lierre…
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Les romantiques furent les derniers spécialistes du suicide. Depuis, on le bâcle... [Emil Michel Cioran]