Dans mon plus jeune temps l'amour j'ai nié
Prétextant ne jamais avoir ce sentiment
Ne pas voir mon être succomber à ce chant
Cet élan qui rend niais je voulais éviter
Mais aux premiers émois mon cœur s'est emballé
Palpitant en secret pour tel ou tel minois
Qui de mes ravissements rien ne soupçonna
Masqués par ma candeur et ma timidité
Plus tard virent les feux qui embrasaient mon âme
Un regard, un sourire, une parole échangée
Avec l'un de ces anges, de ces si belles fées
Saisi par leur lumière, la passion fût mon drame
Le temps fit de mon cœur un étrange végétal
Où couvaient bien des feux, brulant sans s'arrêter
Pour un peu de bonheur dans leurs yeux enchantés
J'étais un papillon pris dans de grandes toiles
Mais aujourd'hui, enfin, le brasier est dompté
J'ai enfermé l'amour dans un coffret magique
Et pour ne plus subir ses illusions tragiques
Avec un pieu d'argent mon cœur j'ai percé.